Les mouettes et les amarres

Publié le par Altaïr

"Les mouettes naissent des mouchoirs que l'on agite au départ du bateau"
[Ramon Gomez de la Serna]
Une mouette posée sur le quai, fixait au loin un navire qui, toutes voiles dehors, filait vers l'Orient. Une seconde mouette vint se poser à ses côtés et regarda le voilier blanc.
-C'est triste, un bateau qui part derrière la ligne du ciel.
-Oui, répondit la première mouette. Au départ du bateau, un mousse pleurait de quitter sa terre natale
-La mer est la terre natale de tous les hommes, dit la seconde mouette en haussant les ailes.
-Ils ne s'en souviennent plus, soupira l'autre l'oiseau blanc. Ce jeune mousse avait une fiancée.
-Est-elle jolie ?
-Très. On la croirait née d'un morceau de nacre.
-Est-elle triste ?
-Oui, elle pleurait aussi.
-C'est normal. Elle aurait voulu l'accompagner
-Je crois plutôt qu'elle souhaitait qu'il ne parte pas.
-Moi je ne le crois pas. Rester à terre est impossible à l'Homme. Ce qu'il aime, c'est la mer. Que veux-tu, il le cache bien, mais l'océan est sa patrie, plus que n'importe quel pays. Et les étoiles sont sa boussole, plus que n'importe quel instrument. Le rêve est la maison de l'Homme.
-C'est pour ça qu'il part ?
-Bien entendu. Il largue ses amarres et va reconstruire sa vie sur les fondations du monde. Il abandonne ses attaches rouillées et se laisse porter par le vent. Et sur l'eau, il n'est plus malheureux. L'immensité qu'il recherche depuis toujours s'offrent à lui avec le lever de la lune. Les coeurs sur l'eau ne rouillent jamais. Il n'y a que la sécheresse des terres pour tarir l'amour et la beauté. Le vent marin n'assèche jamais l'âme et le coeur.
-Tu sais bien des choses... Depuis combien de temps voles-tu au dessu de l'eau ?
-Je suis le premier adieu. Et les premières retrouvailles.
-C'est beau, les retrouvailles." La mouette tourna à nouveau ses yeux d'ambre vers la lisière de la mer.
Le mouchoir blanc lancé du haut de la grève se posa sur l'eau, d'un souffle il rapetissa et se déplia comme un pétale. Le soleil lui offrit des plumes et la troisième mouette vint sur le quai regarder l'ombre du voilier disparaître derrière le ciel.
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Publié dans Textes et poèmes

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M
Les mouettes tournoyantes, leurs cris, leur blancheur, un peu plus et l'embrunt marin nous fouette le visage !
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L
Deux mouettes survolent un porte-avions:<br /> Elle regardent les chasseurs qui se posent, auxquels on plie les ailes et qui descendent dans la cale...<br /> Super dit la première, j'y vais!<br /> Elle amorce son piqué, apponte, plie ses ailes et disparaît par l'ascenseur.<br /> La deuxième se trouve un peu bête a tournoyer là-haut...<br /> Elle vire, pousse un cri strident, touche le pont d'envol et en aggripant le câble d'arrêt capote et explose.<br /> Un porte avion est grand et beau navire mais un mauvais rêve...
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