Correspondances, de Baudelaire, et "Vertiges"

Publié le par Altaïr

La Nature est un temple où de vivants pilliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les haubois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

"Spleen et idéal", IV.


[ Vertiges ]

Ô vertiges insensés !
Ô ombres mauves des soirs d'été
Aux ciels rouges ivres de tourments
Et d'éclairs violets, foudre des puissants
Où la lumière blafarde sonne le glas des vents !

Et la pluie qui s'abat sur la terre fumante ;
La brûme entache le voile, la paresse languissante
Finie emportée par les eaux déchainées.
Nulle frontière dans les cieux déchirés
Par la fureur de l'air et du feu conciliés.

Ô vertiges des tempêtes !
Des rages et des orages que rien n'arrète,
Lavant les champs et les étoiles statiques,
Les âmes grises et les parfums d'ozone,
La tombe du mourant sur la berge aquatique.
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Publié dans Textes et poèmes

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A
C'était en effet une inattention de mise en page.... *grand sourire*
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R
Hum, pour Vertiges, c'est normal que certains vers soient plus courts mais commencent sans majuscules ou ça vient de l'image qui décale tout ?
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