Fuites et Fugues

Publié le par Altaïr

On ne peut guère faire un pas sans croiser son portrait ou sa signature graphique. Journaux, coffrets CD et DVD, livres, biographies, études, sites internet, affiches, festivals, commémorations générales.
Ah, il aurait été content, lui qui demanda souvent "M'aimez-vous ?" Il aurait pu se rassurer depuis quelques mois. Il est partout, même sur des tee shirt, qui d'ailleurs ne font pas trop un éloge à son physique.
Mais peut-on vraiment ignorer qui il est ? Difficile puisque tous ne jurent que par lui. Les éloges fleurissent un peu partout. Oh certes, il a un talent que nul n'a eu dans son domaine. Mais parfois, les commentaires frisent l'adoration de secte. Pas un défaut, toutes les oeuvres sur le même plan. Seigneur, est-ce seulement possible dans une si vaste carrière? Suivre le mouvement ? Ne pas ? Etre ou ne pas être... Mais il est vrai que sa musique mérite que l'on en parle. Si l'on y est sensible, on y perçoit un monde dissimulé.
Je placerais bien volontier deux oeuvres au sommet du chapiteau: Le Requiem et la Flûte Enchantée. Nulles autres ne dégagent tant d'émotions à la fois, d'images et de consécration d'un talent reconnu
Mozart, Mozart ! Tu n'as jamais été tant aimé qu'aujourd'hui. L'hommage est mérité.

Nous sommes donc à la recherche de musciens. Einstein était là pour redonner aux élèves le goût des sciences physiques, Jules Vernes le goût de l'écriture et du voyage. Et Mozart: de la musique ? L'Etat ne sait donc plus ce qu'il veut ! Des savants (alors qu'ils n'ont guère d'autre choix que de fuir aux Etats Unis), des écrivains-voyageurs. Mais pourquoi Jules Vernes et pas Rimbaud ? Trop volage l'alchimiste de vers ? Trop réactionnaire ? Ah, il aurait fait brûler des autos l'enfant terrible du "Bateau Ivre"? Jules Vernes, c'est la mesure scientifique des descriptions, des récits, des voyages en 80 jours réglés comme des horloges. Encore la science ! Et Mozart alors ? Mozart qui a envoyé promener son protecteur et qui a tenté de vivre libre, truffant ses partitions d'arrangements subtils. Mozart est un intermittent, Messieurs les politiques, savez vous ? Nous avions pourtant retenu la leçon des intermittents creuseurs de déficit des ASSEDIC.  Mais sa musique, dit-on, est un excellent remède pour les dépressifs. Nous y voilà peut être. La France va mal. Elle ne consomme plus, elle manifeste, elle se surmédicamente pour oublier. Non non non, la solution est dans un morceau de clavecin. Et la douleur s'en va, et les gens vont au travail le coeur bondissant, avec un "Figaro Figaro Fi-ga-rooooo" au bout des lèvres. Et pour les plus accrochés, les partitions contemplées remplacent des fiches de salaire sans subtilité.

Alors finalement, l'hommage que l'on peut rendre à Mozart et à ses pairs, au délà des commémorations peut être un peu trop bien choisies, c'est de goûter à la musique sans modération, sans science, sans mesure, juste la musique et l'émotion, un flot qui ne cesse de demander "M'aimez-vous ?" Et nous de l'embrasser tout entier. Et de découvrir comme Sacha Guitry que  "Le silence qui suit la musique de Mozart, c'est encore du Mozart ".
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Publié dans Textes et poèmes

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D
Mais Mozart est un champion authentique; tiens ça me donne envie de voir si j'arrive encore à enchâiné le concerto en Ré.
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A
un peu long a lire ton article mais trés instructif seulement maintenant a cause de toi va falloir que je l'écoute pour jugé ou pas si il est un si grand artiste (un génie) mdr ne t'inquiéte pas ma grand mére ma endoctriner dans ses plus grand chef d'oeuvre étant petit<br />
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